La métamorphose saisissante de Montréal (1e partie)

 
Article publié dans le magazine Espace Montréal : Volume 27 no. 1, avril 2018

Par Jean Laurin
Président, Devencore
 

Au cours des dernières années, de nombreuses décisions importantes ont été prises pour faire une refonte complète de Montréal et du cœur de son centre-ville, apportant ainsi le type de changement que nous n’avons pas vu depuis des décennies. Des projets importants d’infrastructure du Grand Montréal sont en construction, des immeubles résidentiels en copropriété se font construire à un rythme sans précédent et, pour la première fois en 25 ans, plusieurs grands projets d’immeubles à bureaux sont en cours et prévus. Ces changements vont moderniser énormément le centre-ville — dont le cœur sera conçu pour répondre d’abord et avant tout aux besoins des gens — et redynamiseront le marché immobilier d’entreprise.
 
Les changements et les améliorations qui se déroulent ont un point en commun : ils rendent la ville plus accueillante, efficiente et agréable. Et le moment ne pouvait pas être mieux choisi. Montréal est de toute évidence en voie de redevenir l’une des villes à l’échelle mondiale où il fait bon vivre et travailler.

 

 

Rebond de la croissance économique
Sur le plan économique, la ville tourne à plein régime. Selon le Conference Board du Canada, le PIB de la ville a connu une croissance réelle de 3,2 % en 2017, la plus importante expansion depuis l’année 2000. Pour 2018, le Conference Board estime que la croissance se situera autour de 2,0 %, et la décision récente d’exonérer Bombardier des droits de douane que les États-Unis voulaient lui imposer devrait raviver l’industrie de l’aérospatiale. Autant dans le secteur des affaires que celui du tourisme, un regain d’activité a été constaté. Par exemple, la circulation à l’aéroport international Montréal-Trudeau a augmenté de 9,5 % en 2017.  

Au cours des dernières années, Montréal est devenu le principal carrefour technologique du Canada. On y trouve la plus grande concentration d’emplois dans le secteur de la technologie au pays, grâce en grande partie aux entreprises aérospatiales, de TIC, de jeux, de médias et de sciences de la vie qui se sont établies à Montréal.
 

À l’automne 2017, Facebook était la dernière entreprise technologique à se joindre au secteur de l’intelligence artificielle à Montréal en ouvrant les portes d’un laboratoire de recherche du nom de FAIR (Facebook AI Research). Google et Microsoft y sont déjà établis depuis un moment, et Element AI a recueilli plus de 100 millions $ US en 2017, l’un des financements de capital de risque les plus réussis au pays. Il est à noter que la communauté IA de Montréal comprend plus de 250 chercheurs, l’une des plus importantes concentrations de spécialistes du domaine au monde.


En ce qui a trait à l’éducation, la ville possède désormais l’une des infrastructures d’enseignement les plus impressionnantes à l’échelle mondiale, comptant 11 universités, plus de 60 cégeps et 320 000 élèves inscrits dans des programmes d’études postsecondaires.
 
De plus, les coûts d’exploitation des entreprises à Montréal sont parmi les plus concurrentiels en Amérique du Nord, grâce à des locaux de bureaux abordables, un taux d’imposition effectif, des coûts de main-d’œuvre et d’énergie stables, et divers crédits d’impôt et incitatifs.

Ces avantages ont eu une incidence considérable sur la communauté d’affaires de Montréal. Par exemple, en 2017, Montréal International a connu le plus grand succès de son histoire, supportant 48 entreprises étrangères à s’installer ou à prendre de l’expansion dans le Grand Montréal, pour un total de 2 milliards $ en investissement étranger direct.
 

Et, s’il y a une volonté politique, le meilleur reste peut-être à venir.
 
La rénovation de la ville
La dernière grande modernisation de la ville a eu lieu il y a plus de 50 ans, à l’époque d’Expo 67, l’exposition universelle qui a permis de faire connaître Montréal dans le monde. C’est à ce moment que les premières lignes du métro ont été installées et que le pont Champlain et l’autoroute Bonaventure, l’aéroport international Dorval (aujourd’hui Trudeau) ainsi que des édifices emblématiques comme Place Ville-Marie et Place des Arts ont été construits.
 
Les grands projets d’infrastructure qui sont en cours à l’heure actuelle étaient attendus depuis longtemps, et bien qu’ils causent temporairement des inconvénients indéniables, ils vont faire entrer la ville dans le XXIe siècle.
 

(L'autoroute Bonaventure)


Les projets qui auront les répercussions les plus importantes sur la ville comprennent :

  • L’autoroute Bonaventure – Cinquante ans après avoir vu le jour, l’autoroute Bonaventure a été entièrement réaménagée. L’autoroute qui relie le pont Champlain et le centre-ville de Montréal a été remplacée par deux boulevards séparés par de vastes espaces verts, des voies piétonnes et une remarquable sculpture de l’artiste Jaume Plensa. Le coût du projet a été établi à 142 millions $.
  • L’autoroute Ville-Marie – Une section de l’autoroute entre l’avenue Hôtel-de-Ville et la rue Sanguinet a été recouverte afin d’ajouter au quartier des espaces verts et de mieux intégrer le Vieux Port au centre-ville de Montréal. Le coût de l’ensemble du projet, qui comprend la couverture de l’autoroute et la construction d’un parc sur le dessus de l’autoroute, s’est chiffré à environ 131 millions $.
  • Le nouveau pont Champlain – Le projet de 4,2 milliards $ pour l’un des principaux points d’accès à la ville devrait être achevé à la date prévue de décembre 2018.
    L’échangeur Turcot – Cet échangeur critique qui relie les autoroutes 15, 20 et 720 ainsi que le pont Champlain fait l’objet d’importants travaux de rénovation dont le coût total est évalué à 3,7 milliards $. Il accueille plus de 300 000 véhicules par jour. Les travaux devraient être achevés d’ici la fin de 2020.
REM (Réseau Express Métropolitain)

 

  • Le REM (Réseau Express Métropolitain) – La construction du système de train léger au coût de 6,3 milliards $, à l’étape de la planification depuis de nombreuses années, devrait commencer en avril. Dans sa forme définitive, il sera composé de 26 stations et se prolongera sur 67 kilomètres. Les constructeurs, les stations et les trains destinés au réseau ont été choisis, et le premier tronçon qui reliera Brossard, sur la Rive-Sud, au centre-ville de Montréal devrait pouvoir accueillir des gens à l’été de 2021. Tout le réseau, qui remplacera la ligne de train de Deux-Montagnes au nord et reliera l’Ouest-de-l’Île et l’aéroport Trudeau, devrait être achevé d’ici 2023.
  • En cours de réalisation, notons la transformation de la rue Sainte-Catherine entre l’avenue Atwater et la rue de Bleury, un projet de construction à facettes multiples qui devrait être réalisé en trois ans.


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